Signez la pétition contre le commerce de l’ivoire

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Signez la pétition contre le commerce de l’ivoire

Anne Chaon
Agence France-Presse
Doha

L’éléphant d’Afrique s’invite une nouvelle fois à la conférence de Doha sur le commerce des espèces menacées (CITES) mais l’explosion du braconnage pour alimenter le trafic d’ivoire vers l’Asie devrait interdire l’allègement des contraintes réclamé par la Zambie et la Tanzanie.

Lors de sa dernière réunion en 2007, la CITES, la Convention sur le commerce international des espèces sauvages menacées, a adopté un moratoire total sur les exportations d’ivoire africain jusqu’en 2018.

Aujourd’hui, la Tanzanie, qui dispose d’un stock de 89 tonnes d’ivoire (issu des abattages légaux ou de la mortalité naturelle) et la Zambie (21 tonnes) souhaitent pouvoir les vendre.

Mais une coalition de 23 États d’Afrique de l’Ouest et centrale s’y oppose et réclame un moratoire de 20 ans sur les ventes d’ivoire.

 

«Le moratoire de 2007 nous garantissait de ne pas avoir de marché dans les pays limitrophes», justifie le délégué de la République démocratique du Congo (RDC) à Doha, Cosma Wilungula Balongelwa.

Cette mesure, estime-t-il, «avait créé une panique chez les malfrats, mais depuis ils ont organisé de nouvelles filières».

Et les braconniers opèrent comme de véritables armées: «Ils tirent les troupeaux au lance-roquette», assure le délégué qui évoque une centaine d’éléphants tués en deux mois dans son pays. «Dans le parc de Salonga, le plus grand d’Afrique sur 36 000 km2, nos 140 gardes sont complètement dépassés».

«À ce niveau, ce ne sont pas des amateurs: un réseau local n’aurait pas les moyens d’écouler tout cet ivoire», accuse-t-il.

Selon IFAW, le Fonds international pour la protection des animaux, le braconnage a redoublé depuis la fin 2008 et 2009 a enregistré des records: 232 éléphants tués au Kenya, contre 145 en 2008 et 47 en 2007.

Au Tchad, dans le parc de Zakouma, la population s’est effondrée de 3 885 éléphants en 2005 à 617 en 2009.

Céline Sissler-Bienvenu, experte d’IFAW chargée d’un programme de lutte anti-braconnage dans le Salonga, insiste également sur «la surenchère des armements de guerre».

«Fin décembre, 80 braconniers en provenance du Soudan sont entrés en République centrafricaine et ont traversé le pays en tuant 36 éléphants, puis ils se sont dirigés vers la RDC et le Cameroun. Ils étaient très organisés, en trois groupes: les rabatteurs, les collecteurs et les transporteurs».

Ces braconniers redoutablement efficaces utilisent désormais un acide pour dissoudre les chairs et récupérer rapidement les défenses.

Sous couvert d’anonymat, plusieurs délégués africains incriminent des réseaux mafieux commandités par des acquéreurs basés en Chine, principal importateur d’ivoire qui s’était d’ailleurs porté acquéreur de la dernière vente autorisée en 2008.

ETIS, le système d’information sur le commerce des produits d’éléphants de l’ONG Traffic, pointe également dans un récent rapport pour la CITES le rôle croissant des «syndicats asiatiques du crime» dans le trafic d’ivoire africain.

Face à eux, les États sont démunis: «Leurs moyens de lutte sont faibles, leurs agents mal formés», explique Mme Sissler-Bienvenu, sans taire les «problèmes de gouvernance». «L’ivoire, c’est lucratif: 1.000 à 1.500 USD le kilo» (une défense en pèse 3 à 5), ajoute-t-elle.

La CITES ne régule que le commerce international, laissant les États gérer leurs marchés intérieurs. Or, selon Tom Milliken, directeur de Traffic pour l’Asie, «les marchés africains restent largement incontrôlés», du Sénégal au Mozambique, du Nigeria à la RDC, de même qu’en Asie, en Thaïlande surtout, mais aussie en Birmanie et au Vietnam.

«Quant à la Chine, elle applique la peine de mort aux trafiquants chez elle, mais ses citoyens résidant en Afrique semblent l’oublier», ajoute-t-il.

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